mercredi, 15 avril 2009
Loi sur la Bioéthique : des débats indispensables!
La révision de la loi Bioéthique est prévue en 2010. Aussi, le Président de la République a souhaité l’organisation d’Etats généraux de la bioéthique afin que les élus, responsables associatifs, communauté scientifique et soignante, particuliers concernés ; puissent faire entendre leurs avis et débattre. C’est une initiative inédite que je salue tout particulièrement.
Cette loi, c’est l’occasion, pour notre pays, de s’interroger sur les moyens de concilier progrès scientifiques, nécessité impérieuse de la recherche, et respect de la dignité humaine, du projet parental et de la notion d’éthique cherchant compromis avec la religion, les traditions, les possibilités médicales et les demandes des familles.
Les sujets de réflexion sont infiniment complexes et concernent, très concrètement : la greffe d’organes, de tissus (cornées, peau…), de moelle osseuse ; l’assistance médicale à la procréation, qui fait appel aux dons d’ovules et de sperme (et la gestation pour autrui) ; le désir d’enfants chez les couples homosexuels, les recherches ayant comme objet l’embryon et les cellules embryonnaires ; le dépistage de maladies faisant appel aux gènes.
Que doit-on autoriser, que doit-on interdire, et pourquoi ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour satisfaire telle ou telle demande particulière ? Sur quels grands principes devons-nous collectivement nous mettre d’accord ? Dans quelle mesure une loi est-elle nécessaire pour assurer la protection de la dignité humaine et mettre le progrès au service de l’humain ?
L’assemblée nationale a organisé et diffusé, dans le cadre d’une commission parlementaire, des débats d’une très grande qualité dont je retiens, à titre personnel, la pertinence des propos de M. FONDARD (président de l’UNAF). Néanmoins, ma réflexion « reste en mouvement », ouverte, et attentive sur ce sujet.
Le respect de la Vie par-dessus tout, l’importance du projet parental, la conscience aigue des risques d’eugénisme, la non-marchandisation du corps, le principe de précaution appliqué au développement de l’enfant (etc…) sont des sujets qui ne me font pas peur, qui ne doivent pas nous faire peur ! Il est essentiel qu’ils soient débattus. Je me réjouis de l’implication de ma famille politique sur ce sujet et vous invite, tous, à participer au débat.
Participer ICI sur le site étatsgénérauxdelabioethique.fr
Voir ICI la note de l'UNAF en vue de son audition par la commission parlementaire
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mercredi, 18 mars 2009
La polémique de Benoit XVI sur le préservatif avant son arrivée en Afrique
Oui, je suis « catho», et plutôt pratiquant. Oui, je suis attentif à rendre « étanches » ma foi religieuse, mon travail de neuropsychologue, et mon engagement municipal. Mais là, après les déclarations de Benoît XVI dans l’avion le conduisant en Afrique sur l’usage du préservatif, tout se mélange un peu. Médicalement parlant, humainement parlant, en toute responsabilité ; j’ai l’impression que Benoît XVI persiste dans une voie préjudiciable.
L’intemporalité de la Création et de l’œuvre de Dieu peut se concevoir pour les croyants. Toutefois, l’Eglise peut difficilement faire abstraction du temps dans lequel elle est inscrite, dans le contexte sociétal dans lequel elle évolue. Parce que les prêtres de « proximité » et les évêques sont confrontés au principe de réalité issu du terrain, des problématiques personnelles, des progrès scientifiques, la voix de l’Eglise doit trouver l’équilibre entre ses dogmes et son temps. C’est peut être cet équilibre qui a manqué au Pape au cours de ces dernières prises de positions médiatisées.
Concernant l’usage du préservatif, peut-être aurait-il eu plus d’inspiration que de dire que l’abstinence et l’humanisation de la sexualité tout comme la fidélité dans le mariage étaient les meilleures solutions. Ca, ça peut passer! Mais dire que le préservatif aggrave le problème, c’est peut être foncièrement irresponsable quand on aborde une visite en Afrique... ou ailleurs...
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mercredi, 04 mars 2009
Les antennes relais ne sont pas dangereuses (dixit l'Académie de médecine)
Quand la science contredit la justice ; qui trinque ? Aujourd’hui, l’académie de médecine nous adresse un communiqué affirmant que les antennes relais n’ont pas de conséquence préjudiciable pour la santé. Exemple à l’appui, l’académie, très concrètement, nous informe que «les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100.000 fois plus faible que les téléphones portables : être exposé pendant 24 heures à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable pendant 30 secondes».
Soyons objectifs ! Voici une académie honorable, qu’il serait difficile de considérer comme potentiellement massivement actionnaire des opérateurs de téléphonie mobile. Voici donc, une « bande » de médecins, bordés par le serment d’hippocrate et leur déontologie. Ils qualifient «d’erreur scientifique» le jugement de la cour d'Appel de Versailles, qui avait demandé le démontage d'une première antenne le mois dernier. D’autres polémiques fleurissent en ce moment à la grande joie de médias. (Parfois, je me demande si les médias ne sont pas plus friands de polémiques plutôt que d'informations...). Pourtant, l’académie persiste. Ils disent clairement que «l’on ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé».
Le débat peut être marqué par le sceaux du principe de précaution, il ne doit faire l’économie du principe de réalité et, de facto, des avis de nos sages. Ce n’est pas aux collectivités locales d’arbitrer le décalage épisodique sur ce sujet entre justice et science, entre principe de précaution et principes scientifiques (parfois hétérogènes). Dans ce contexte, j’attends beaucoup du « grenelle des antennes » le 26 mars, sous la houlette d’une personne qui a toute ma sympathie et ma considération, Nathalie Kosciusko Morizet.
L’état doit prendre ses responsabilités car des parents d’élèves, des riverains ou les co-propriétaires d’un immeuble doivent pouvoir bénéficier de contrôles fiables et désintéressés. Ils doivent aussi être pleinement responsabilisés entre un principe de précaution de moins en moins étayé au niveau scientifique et leur renoncement à bénéficier d’un progrès technique, social et familial lié au développement de la téléphonie mobile. En d’autres termes : vous vous plaignez de l’installation d’une antenne relais. Voulez-vous bien renoncer à votre portable ? Estimez-vous que l’état actuel de nos connaissances scientifiques vous oblige à renoncer à toute installation d’antenne et donc à vos téléphones mobiles ? Cette problématique, elle m’interpelle tout autant que vous. « Addict » du blackberry, et scientifique de formation, j’ai l’impression de n’être pas ultra objectif, et pourtant…
21:54 Publié dans actualité politique, Blog, Boulogne-Billancourt, Santé et Handicap, Science | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note








